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 Un Envol Artistique - Fin de Journée.

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MessageSujet: Un Envol Artistique - Fin de Journée.   Mer 10 Sep - 21:59

La journée avait été longue, et d'un ennui presque mortel. Les professeurs souriaient, parlaient, parlaient, et disparaissaient pour laisser place à d'autres têtes d'ampoules et leurs monologues vides d'avenir et d'ambitions. Vraiment, la seule éducation utile venait de soit, se faisait ressentir petit à petit au creux de ses entrailles, mais pas du monde exterieur, et surtout pas de la bouche des enseignants. Wilbur avait les oreilles qui sifflaient. Pas de transe musicale pour lui ce soir. Il saurait apprécier le silence à ses musiques violentes et mélancoliques. Le jeune garçon s'était enroulé dans une large écharpe noire, et montait les marches de la volière avec lourdeur. Le froid s'insinuait entre les replis de ses vêtements, et Wil' se mit bientôt à frissonner sous le vent mordant du début d'hiver. Dans sa main blanche, calée entre ses longs doigts translucides, Wil' tenait un parchemin roulé. Le jeune Serpy entra dans la volière, et regarda en l'air. Il siffla et fit jaillir de l'ombre un immense hiboux Grand Duc aux plumes sombres et au regard emeraude. Wil' tendit son bras et le rapace se posa tranquillement contre son maître.

Le jeune garçon lui tendit le parchemin , et appuya à son hiboux un regard entendu. Ce parchemin... le dessin qu'il avait réalisé la veille, dans la Salle Commune des Serpentards. Le portrait d'une jeune fille, precisement celle à qui le parchemin était destiné. Avec quelques mots rageusement écrits: "Plus je cherche à te comprendre, plus je m'éloigne de toi. Tu es la la seule qui me manque vraiment..." Wilbur s'approcha de la large ouverture de la volière, et observa le ciel d'un regard un peu triste, caressant doucement les plumes de son hiboux avec le plat de sa main. Puis, sans un mot, Wilbur lanca son bras, et Bec de Pierre s'envola, disparaissant bientôt dans les ténèbres, le parchemin dans le bec. Le jeune Serpy poussa un profond soupir, et vint s'appuyer sur le rebord de la fenètre. Il ferma un instant les yeux, appreciant le vent tourbillonant autour des pierres de la tour. Seulement, un bruit de pas le tira vivement de ses rêveries, et Wilbur fit volte-face, les sourcils fronçés. La volière était à tout le monde, mais cet instant n'était qu'à lui et il venait de lui être retiré...
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MessageSujet: Re: Un Envol Artistique - Fin de Journée.   Ven 12 Sep - 21:53

Silhouette sombre au visage pâle, Alban s'immobilisa à l'entrée de la volière, souffle court qu'il contenait de son mieux, cœur battant, à cause de la longue volée de marche qu'il venait grimper d'une traite. Pas qu'il ait monté au pas de course, mais il n'avait jamais eu beaucoup d'endurance et il préférait ménager ses efforts que de risquer de tourner de l'oeil. Une fierté à préserver, tout de même.
La volière, le Serpentard aimait à trainer à la volière au soir tombant ou tombé. Dans les couloirs, dans les escaliers également, mais principalement à la volière. D'abord parce qu'à cette heure elle était peu ou pas fréquentée, il n'y était donc pas embêté. Pour la vue prenante et plongeante sur le château et le parc, l'étrange ivresse que lui procurait cette sensation de vide, de chute. Enfin pour la présence apaisante des rapaces aux grands yeux ronds, vifs et intelligents.

En parcourant rapidement la pièce des yeux, il s'aperçut que niveau solitude et tranquilité, c'était foutu pour ce soir.

*C'est bien ma veine.*

Il fronça le nez, contrarié. L'autre avait tourné la tête vers lui à son entrée, mais Alban ne pouvait pas donner d'identité à cet autre ; il ne se souciait pas de retenir les noms de ses "chers camarades" et de plus l'effet contre-jour réduisait à néant toute possibilité de reconnaissance visuelle.

Après un instan d'hésitation, Alban avança de deux pas en diagonale, à la fois pour montrer à l'autre occupant des lieux qu'il avait l'intention de squatter quoiqu'il en pense, et pour ne pas non plus marcher droit sur lui. Inutile de chercher à créer un dialogue. Pas plus que les ennuis.

- T'occupes pas de moi.


Dernière édition par Alban Cavendish le Sam 13 Sep - 10:47, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Un Envol Artistique - Fin de Journée.   Ven 12 Sep - 23:23

Wil' se tenait là, appuyé contre les briques glaciales de la volière, le regard mauvais rivé vers le nouvel arrivant. Un Serpentard... bien voyons. Que pouvait-il bien avoir de pire qu'un Serpentard ? Deux Serpentards. Wil' avait toujours refoulé son appatenance à la maison de Salazar. Il n'avait désiré être sous l'adoration d'aucune bannière. Le jeune garçon était un "éléctron libre". Pas rebelle pour autant, puisqu'il n'avait pas craché sa desaprobation à devoir être Serpentard. Pas son genre. Il ne se disait pas Serpentard, c'était tout. Pourquoi l'avait-on envoyé là d'ailleurs ? Son esprit était fermé à double, triple, quadruple tours. Impossible que le Choixpeau pusse y retrouver quoi que ce soit, même du négatif. Le crâne de Wilbur Salem n'était que méandres lugubres de bouillasse noire et glauque. De temps en temps pointait une petite explosion noire qui faisait trembler toute son âme. Mais ce n'était que pour mieux retomber dans l'incohérence la plus totale, la plus silencieuse. Wilbur était un labyrinthe. Même son hibou ne savait pas à qui il avait affaire une fois posé sur son épaule. Celui-ci était loin maintenant. Et Wil' s'était retrouvé seul. C'est du moins ce qu'il avait désiré croire. Un autre Serpentard était entré à son tour. D'abord masqué par l'obscurité de la volière, il passa devant l'une des grandes ouvertures de la Tour et, de par un léger voile de luminosité, Wilbur put reconnaître Alban. Un soit disant camarade de maison. Mais qu'il n'avait jamais eu le courage de connaître. Pourtant, tous deux se ressemblaient quelque peu, physiquement parlant. Pour ce qui été du psychique, Wilbur ne put remarquer grand chose. Alban lui recommanda de ne pas s'occuper de lui.

* C'est, de toutes manières, ce que j'avais l'intention de faire... *

Wil' n'avait, ce soir, pas l'âme d'un bagarreur. Remises à plus tard ses pulsions emmerdeuses de semer le bordel entre lui et d'autres personnes. Non, ce soir, le jeune garçon n'avait envie de rien. Il aspirait au silence, ce qui était assez exceptionnel connaissait ses soifs musicales incessantes. Le jeune Serpy resta immobile, le regard rivé sur le nouvel arrivant. Il garda le silence. Seul ses yeux étaient animés. Au bout d'un temps, Wil' decida de lacher quelque chose, n'importe quoi qui lui passait par la tête. Alban l'intriguait, il n'aimait pas ne pas connaître au moins un trait de caractère pour chaque personne. La provocation était un bon moyen de connaître les personnes apostrophées.

- Difficile...
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MessageSujet: Re: Un Envol Artistique - Fin de Journée.   Ven 12 Sep - 23:47

Tiens, un chouette effraie. Jolie, avec ça. Comme toutes les chouettes effraies. Pauvre d'elle. Les sorciers n'ont définitivement pas la moindre inclination envers les autres créatures de leur univers. Nocturne ; les chouettes sont nocturnes. Pourquoi ne peuvent-ils pas leur foutre la paix le reste du temps ?

Alban était injuste, dans son jugement, il le savait. Les chouettes, comme les hiboux et tous rapaces nocturnes se faisaient très bien à la vie diurne. Mais celle-ci leur était contrainte ; il avait là un prétexte, de l'eau ajouté au moulin de ses rancoeurs réelles ou fictives envers l'humanité. Il avait braqué l'ensemble de son attention sur ladite chouette, ignorant magnifiquement, mais sans morgue aucune, la présence de l'autre élève. Il se contentait d'en faire abstraction. Pour peu, il l'aurait presque oublié. A ceci près que sa méfiance naturelle et exacerbée à l'égard de tout bipède vaguement humanoïde l'obligeait à y accorder un morceau de sa conscience. Sait-on jamais.

Un mot, un seul mot lâché par Wilbur (auquel Alban n'avait toujours pas pu rattaché son nom, d'autant plus que ça ne faisait pas vraiment partie de ses préoccupations premières) suffit à ramener son regard et ses pensées sur lui.

Difficile ? Avec un peu de volonté, on arrive à tout. Ou presque. Mais soit, admettons que ça soit difficile pour toi de faire comme si je n'existais pas. Que comptes tu faire ? Me chasser de là ? Je demande à voir. Partir ? Ce n'est pas moi qui te retiendrai. Ou simplement faire avec ? Ce serait sans doute plus sage. Ou pas. A toi d'en juger.

Alban détailla silencieusement son "interlocuteur". L'allure générale, le visage, l'expression, puis les yeux. Surtout les yeux. Le Serpentard n'était pas legilimens, loin s'en fallait mais il avait appris à trouver ou à deviner l'âme au fond du puit étrange qu'était le regard. Celui de Wilbur bouillonnait de choses insaisissables.
Ses lèvres s'ourlèrent en un demi-sourire à l'interprétation libre.

Intéressant.

Le silence se prolongea entre eux, s'alourdissant étrangement. Ne voulant pas donner l'impression de jauger l'autre pour le défier, Alban se décida à la rompre à son tour.


- Vraiment ?


Lui aussi, un seul mot. Une seule question. Mais en était-ce réellement une ?
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MessageSujet: Re: Un Envol Artistique - Fin de Journée.   Sam 13 Sep - 13:31

Decidemment, tous deux n'étaient pas des plus causants. Ce qui n'était pas pour déplaire à Wilbur, désireux de calme et de silence en ce soir. Les temps étaient éreintants pour lui, pauvre brebis noire, égarée dans le monde de la justive et de la droiture. L'univers de l'amusement, de l'éducation et de la politesse exécessive qui arrivait sans cesse en vagues étouffantes et manquait mille fois par jour de le faire se noyer... Wilbur manquait de cette habitude. Il ne s'en portait pas plus mal, mais les profs le regardaient de plus en plus froidement. Le jeune garçon se devait de trouver un juste milieu entre tout cela. Un point précis, un équilibre unique. Mais ce juste milieu lui échappait. Et Wilbur avait encore faillit se faire renvoyer de Poudlard ce matin même. Juste pour mauvaise attitude envers le professeur de potion. Pourtant, il avait posé une question pertinente. Il ne se souvenait plus de laquelle... Mais celle-ci n'avait pas dû plaire à son professeur. Wilbur se sentait funambule, marchant prudement sur la tranche d'une lame de rasoir, au dessus d'un gouffre s'elargissant de jour en jour et de semaine en semaine. Et Aranya. Elle emplissait son esprit avec douleur, attirant, tels un troubillons d'aimants, des interrogations des plus diverses. Il fallait rester attentif. Elle préparait un sale coup. Et Wilbur rêvait de la piquer un jour, de lui prouver qu'il valait bien moins que ce qu'elle pensait de lui. Il voulait se debarasser d'elle, après l'avoir mise à genoux une bonne fois pour toutes. En s'imissant dans son groupe de musique, Wilbur frappait un grand coup. Il se liait aux intentions d'Aranya. Et celle-ci se voyait obligée de le garder près d'elle, avec le désir de le voir loin, très loin. Wilbur piègeait Ara' de minute en minute, à son tour de tisser sa toile. En pensant à tout cela, le jeune Serpy en avait oublié la volière, les hiboux, la nuit tombante, et surtout, ce camarade Serpentard. Celui-ci lacha un son tour un mot, un seul. Qui amusa Wilbur et le poussa à s'animer un peu. Il se decolla de son mur et croisa les bras. Difficile de cerner la personnalité de son interlocuteur.

- Oui, vraiment. Tu respires... je ne peux plus profiter du silence de la volière. Il est donc difficile de t'ignorer, aussi plaisante est cette idée pour moi, tu t'en doutes.

Wilbur s'attendait à passer par dessus la rambarde de la volière... Et cela ne l'amusait que plus encore. Il trouvait dans la provocation et la sournoiserie, un plaisir immuable qui tenait son esprit éveillé presque 24h/24h.
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MessageSujet: Re: Un Envol Artistique - Fin de Journée.   Dim 14 Sep - 16:42

Une lueur s'alluma dans le regard d'Alban. Presque un sourire. Pour peu qu'un regard soit capable de sourire, mais ça c'est un autre débat dans lequel il est parfaitement inutile d'entrer en ce moment. Wilbur ne l'intriguait pas vraiment, ne l'amusait pas vraiment non plus, mais cette réplique l'intéressait au plus haut point. Provocation volontaire et assumée, mais tout en subtilité et en finesse. Merveilleux. La finesse manquait bien trop à la majorité de la population. Et même au sein des Serpentards, qui se défendaient d'une réputation de vilenie et de sournoiserie, elle faisait bien trop souvent défaut.
Alban tirait une certaine fierté de son appartenance à Serpentard, oui, mais surtout une fierté d'appartenir aux valeurs qu'il croyait attachées à l'idéologie de son créateur.


- Navré de te décevoir sur ce point, je ne m'arrêterai pas de respirer par simple respect de ta volonté.

Il se détourna de son interlocuteur, les yeux légerement plissé pour observer la multitude de chouettes et hiboux qui s'ébrouaient, dormaient où lui rendaient son regard, là, juste au dessus d'eux deux.

- Le silence de la volière. Charmant paradoxe.
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MessageSujet: Re: Un Envol Artistique - Fin de Journée.   Dim 14 Sep - 18:13

Wilbur croisa les jambes en même temps qu'il croisait les bras, et tourna negligemment la tête sur le côté, histoire de jeter un coup d'oeil au dehors. Le ciel se tapissait d'étoiles, le Soleil glissait derrière les arbres de la Forêt Interdite. Chaque élève se devait de regagner le dortoir de sa propre maison. Charmant. Le Serpy poussa un long soupir. Lui, ne vivait presque qu'une fois la nuit tombée. Comme un vampire. Comme un hiboux, un animal nocturne. Wil', d'ailleurs, s'était toujours sentit proche des oiseaux. Peut-être possédait-il quelques points communs avec eux, qui sait... Il aimait cette sensation de n'être attaché à rien, de posséder un nid, tout au plus, mais lequel devait-on quitter très vite pour repartir sur de nouveaux territoires. Wil' n'était pas un aventurier. Il était plus opportuniste que courageux, et ne s'attardait que sur ce qu'il aimait ou lui était utile. Seulement rien ne lui plaisait, et peu de choses lui servaient, autant materielles que sentimentales. Wil' se baladait, sans but ni désir précis, si ce n'était faire peur aux autres, de manière involontaire ou non. Le jeune Serpy regarda son camarade de biais.

- Heureusement pour toi. Ce serait tellement navrant de ta part dans le cas contraire. Je ne t'imagine pas idiot. Et je pense avoir raison.

Wil' esquissa un sourire amusé. Alban lui plaisait. Euuuh... sans allusion aucune hein ! Il lui plaisait dans le sens où il paraissait posséder un semblant de jugeote, une lueur de lucidité quelque part dans son resonnement. Il était assez intelligent pour ne pas s'enerver, mais egalement pour ne pas se montrer totalement flexible face à Wilbur. Il ne rentrait pas dans son jeu. Et Wil' en retira un certain repos. On n'en se rend jmais compte, mais se montrer glacial dans toutes les situations, casser les pieds aux autres, être excrecrable... pffiou, c'était du sport, quelque part. Parfois, Wil' s'en montrait éreinté. Ce soir, voir que quelqu'un ne se jetait pas sur lui pour cause de provoquation, le reposait à un point qu'il n'avait jamais pu imaginer auparavant.

- Disons que la volière est reposante. Les cours forment un bordel inexpliquable. Ou inversement, un silence trop pesant. Je prefererais cent fois être un oiseau plutôt qu'un élève...

Wil' avait egalement relevé le nez vers les volatiles perchés au dessus de sa tête. Il avait parlé plus pour lui même que pour son interlocuteur.
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MessageSujet: Re: Un Envol Artistique - Fin de Journée.   Lun 15 Sep - 10:15

Alban n’attendait pas réellement de réponse de la part de Wilbur, et encore moins une explication spontanée. Bref éclair d’étonnement, que l’Autre ne perçut probablement pas puisqu’il n’avait
d’yeux que pour les oiseaux présents dans la volière (qui par ailleurs commençaient sérieusement à se réveiller et s’agiter au vu de l’heure et surtout de la luminosité décroissante). Ce n’était pas plus mal. Ne pas se laisser surprendre, jamais. Toujours sembler parfaitement sûr de lui et maitre de la situation, l’air de tout savoir d’avance, tout contrôler (lui-même en premier lieu), le Serpentard y mettait un point d’honneur, et la technique, rôdée et dûment travaillée payait plutôt bien. Peu s’en prenaient à lui, peu se risquaient à vérifier s’il possédait bien l’assurance et la maitrise qu’il laissait croire. Brouiller les pistes. L’exercice était devenu pas loin d’une seconde nature, chez lui, mais ne nécessitait pas moins une attention exacerbée. « Vigilance constante », comme aurait dit un célèbre Auror. Bien qu’il ne l’eut probablement pas entendu dans ce sens là. Encore que… Qui sait ?C’était peut-être là la force de Maugrey Fol’œil également, que de ne rien laisser ransparaitre de ses pensées et son ressenti, que d’afficher une assurance à toute épreuve, que de s’entourer d’une aura de mystère et de force, fictive ou non. Qu’importe, au final, tant que les autres sont dupes. S’ils y croyaient, ils rendaient pour eux la menace réelle. C’était également le principe de l’Epouvantard, celui qu’Alban avait compris, celui qu’il utilisait pour vaincre ses propres peurs et angoisses. Le tout avec un fond de sagesse grappillée de-ci de-là dans divers ouvrages. Sa prédilection allant à la Litanie Contre la Peur des Sœurs Bene Gesserit ; « Je ne connaitrai pas la peur, car la peur tue l’esprit. La peur est la petite mort qui conduit à l’oblitération totale. J’affronterai ma peur. Je lui permettrai de passer sur moi, à travers moi. Et lorsqu’elle sera passée, je tournerai mon œil intérieur sur son chemin. Et là où elle sera passée, il n’y aura plus rien. Rien que moi ; » Une invention virtuose d’un auteur moldu. La chance d’Alban, par rapport à la plupart des autres Serpentard était d’avoir un pied dans chacun des mondes… Un horizon ouvert, bien plus vaste que ce que leurs esprits trop fermés ne pourraient jamais leur apprendre.


- Parfait.

Difficile de déterminer avec certitude ce à quoi répondait ce « parfait », pour peu qu’il répondait à quelque chose. Il n’était pas même certain qu’Alban lui-même le savait. Peut-être était-ce juste une manière de signifier que la discussion était close, comme il aurait dit « bon… », comme ça, pour rien, avant de passer à autre chose. Ou pas. Comme pour renforcer cette possibilité, il se laissa glisser jusqu’à terre, dos contre le mur de la volière, une jambe repliée sous lui et le menton appuyé dans le creux de la main. Son regard passait à intervalles irréguliers du sol dont la propreté semblait parfois, par endroits, plus que douteuse, à son camarade de maison, puis aux rapaces.

Etre un oiseau. La remarque tournait dans l’esprit du Serpentard. Il la laissait virevolter dans ses pensées, la soupesait, la décortiquait, la répétait, jusqu’à ce que l’énoncé lui-même ne semble plus vouloir rien dire. Une association de lettres, de phonèmes formant un étrange dessin, un étrange son. Plaisant. Un bref instant, il ferma les yeux pour mieux percevoir cette sonorité insensée, dans le sens purement étymologique du terme. Oui, l’idée lui plaisait. Seulement dans son charme irraisonné, telle qu’elle apparaissait dans son esprit, telle qu’elle ne pourrait apparaitre qu’à lui, et lui seul, pas dans son acceptation. Preuve en est que s’il avait fallu choisir un animal pour le représenter, une sorte de totem, personne ne connaissant un tant soit peu Alban
l’aurait décrit comme un oiseau. Une vipère, sûrement, un renard, pourquoi pas, connotés, considérés comme nuisibles, et cependant dignes d’une intérêt certain. Mais pas un oiseau. Il se demanda vaguement si l’Autre avait conscience ce que qu’il ressentait dans cette affirmation « je préfèrerais être un oiseau ». Non, probablement pas, mais peut-être y goûtait il quelque chose de semblable et différent. Quelque chose qui lui était propre.


Plus étrange encore à ses yeux, la comparaison oiseau-élève. Préférer être un oiseau ou n’importe quel animal autre qu’un humain, Alban pouvait le comprendre, et cela aurait d’ailleurs valu à Wilbur une grande avancée dans son estime… Mais l’élève… Etre élève, c’était apprendre. Apprendre, c’était le sentier de la connaissance. La connaissance, c’était le pouvoir. Le pouvoir sur soi, le pouvoir de convaincre, le pouvoir de manipuler à sa guise. Certes, être élève présupposait être au bas de la hiérarchie de l’apprentissage, mais il s’était vu bien souvent qu’un disciple supasse largement toutes les espérances et prévisions, plus doué que son maître, plus avide, plus ambitieux. Et sans modestie aucune, Alban attendait patiemment
l’heure où il pourrait faire valoir cette carte là, à laquelle il croyait fermement, à laquelle il aspirait.


Il rouvrit les yeux et observa Wilbur en silence, quelques secondes encore.

- Dis-moi… Qu’est-ce que tu fais à Serpentard ?

La question ne contenait pas le moindre reproche, elle trahissait une interrogation sincère et dépourvue de
tout sous-entendu quel qu’il soit, positif ou négatif.


- Ce cher vieux Choixpeau finirait-il, lui aussi, par verser dans les préjugés dégoulinant d’hypocrisie et d’aveuglement ?

Un temps. Il haussa un sourcil, et tout en suivant le fil de ses pensées, poursuivit plus pour lui-même que pour Wilbur ;

- Remarque, à force d’entendre déblatérer des inepties à longueur de siècles, ça doit pouvoir se comprendre… Mais pas s’excuser pour autant. Je serais toi, je me plaindrais à qui de droit. A moins bien sûr que la charmante réputation liée à cette maison te convienne.
Ce qui n’est pas entièrement impossible. Mais va savoir pourquoi, si tu me répondais que c’était le cas, je ne te croirais pas.


Il n’attendit pas de réponse pour reporter son regard sur le sol, de plus en plus sombre à mesure que la nuit étendait son voile d’encre constellé d’étoiles aussi timides que resplendissantes. Il chercha vainement au
fond de lui une trace de fatigue, une raison qui lui permettrait de rentrer bientôt à la Salle Commune des Serpentards, et – pourquoi pas ? – à son dortoir. Pas que trainer hors de ses quartiers lui déplaisaient, le château, avec son labyrinthe de couloirs déserts, avait au contraire une beauté toute particulière au cœur d’une nuit, mais à force, il finirait pas s’attirer des ennuis. Quant à rejoindre le dortoir pour observer le plafond durant les longues heures qu’il restait avant de pouvoir prétendre s’être levé à une heure décente, il n’en était pas question ; le plafond des cachots, il le connaissait par cœur, jusqu’à la moindre tache, jusqu’à la plus minime anfractuosité… Il n’y passerait pas une minute de plus, à moins d’y être contraint et forcé. Après tout, vu comme ça, une retenue semblait être une alternative tout à fait raisonnable.


* Morphée, mon cher Morphée, t’aurais-je par mégarde offensé que tu ne veuilles pas de moi ?*

Un sourire soudain fleurit sur les lèvres d’Alban, tout à ses pensées.

*Un cheveu de Séléné !… Ma baguette contient un cheveu de Séléné… Et on voudrait que je dorme de nuit ? Totalement paradoxal. Excuse monumentale si je me fais prendre à crapahuter dans les couloirs. Sans doute pas appréciée à sa juste valeur, mais…*


[HRP : Oups, désolé pour le pavé xD Une inspiration soudaine. A ceux qui auront eu le courage de lire jusqu’au bout, ils y auront gagné un aperçu du fonctionnement psychologique (ou psycho-illogique ?) d’Alban. L’auteur dont je parle, pour ceux qui n’auront pas reconnu est Frank Herbert et l’ouvrage dont je cite la fameuse litanie est le Cycle de Dune.]
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MessageSujet: Re: Un Envol Artistique - Fin de Journée.   Mar 16 Sep - 22:20

[ Ravie de voir que mes RPs t'inspirent ! Si ce sont bien eux, evidemment. Mais je t'ordonnes de ne pas t'excuser !! Je préfère voir un "gros pavé" - que j'ai lu d'ailleurs ! - plutôt que trois pov' tites lignes sans saveur. Alors continue comme ça. Ne m'en veux pas, je n'ai pas le courage d'écrire aussi grandement que toi. Je suis sur ce fofo pour me reposer un ti peu des gros machins de 4h que je faisais sur d'autres RPs donc bon xD ]

Wilbur n'avait jamais su ce qu'était l'amitié. Cette chaleur humaine qui nous manque parfois, dont nous avons tous besoin, qui nous est totalement indispensable. Ceux qui prétendent le contraire ne sont que facade, ne sont que des masques sans rien à cacher. Même les gros durs, les crétins ou les solitaires pleurent leur solitude quand la tristesse les fait pleurer, eux. Seule une force morale infinie, un caractère de paquebot, ou un drame personnel peut convenir à penser que l'amitié ne sert à rien. Personne ne peut connaître plus agréable que le fait de pouvoir se reposer sur une âme agréable, une épaule presque conçue pour vous n'être que devouement. Wil' n'avait jamais connu cela. Il n'avait jamais rien reclamé, ne s'était jamais jeté dans les bras de qui que ce soit en reclamant un peu d'attention. Il était vide de désirs. Vide d'ambitions, vide de curiosité concernant tout ça. Jamais n'avait-il eut d'ami. Enfant, les autres bambins le fuyaient. Non pas qu'il soit agressif ou violent, mais Wil' était tellement mécanique qu'il était difficile de l'imaginer... humain. Il n'était une face blême sans expression, une présence absente, presque immaterielle. De temps en temps, il parlait, il s'animait. Mais chacun de ses gestes était effrayant et les gamins partaient en courant dès lors qu'il ne faisait que se recoiffer d'une main.

Quelques filles avaient bien eu le courage de papilloner autour de lui. Mais Wil' était dépourvu de toute chaleur corporelle ou psychique. Il n'avait rien à offrir, tout à refuser. Son bagage culturel était grand, mais sa gentillesse rasait le sol. Et les filles partaient tête basse, perdant de leur superbe en s'étant abimée à ses attitudes tranchantes. Wil' ne s'était jamais plaint de rien. Il ne recherchait personne, se suffisait à... à quoi d'ailleurs ? Bonne question. A la musique, aux animaux, à la nature et au dessin. Evidences pour lui. Mais question altruisme ?... Wil' sechait totalement. Ignorait même jusqu'à la signification de ce mot. Le jeune Serpy releva la tête vers Alban. Il n'appreciait pas vraiment les questions posées à son égard. Mais il n'était pas mieux que d'autres personnes, n'était qu'une goutte dans l'Océan, n'avait pas les moyens d'ignorer la question de son camarade. Wil' était parfaitement immobile, legerement masqué par l'ombre croissante du Soleil qui se disolvait peu à peu à l'horizon.

- Peut-être suis-je sujet aux préjugés. Pas de vanité dans ce propos... Ils ne m'atteignent pas plus que la Maison à laquelle je suis censé appartenir. Peut-être que le Choixpeau vire sénile, je n'en sais rien. A vrai dire, je ne sais pas pourquoi ma direction s'est pointée sur Serpentard. J'aurais été à Poufsouffle que ça ne m'aurait fait aucune différence.

Wil' esquissa un sourire amusé. Tout ce qu'il disait n'était que pure vérité. Il ne prenait pas le risque de mentir à Alban. Alban ne se laisserait surement pas mener de manière aussi puérile qu'est le masque d'une vérité par une expression fausse. En règle générale, Wilbur ne mantait pas. Ou très rarement, quand il n'avait pas d'autre solution.

- Je n'ai pas l'intention de me plaindre. Je n'en possède même pas la simple envie. Pour quoi faire de toute façon... il faut bien que je fasse partie de quelque chose. Si je disais être fier d'appartenir à Serpentard, tu aurais raison de penser au mensonge. Logique, quand on sait que je ne préfère m'afficher en tant que membre d'aucune Maison...

Wil' laissa passer un court silence avant de jeter un regard neutre vers Alban.

- Et toi donc, qu'elle est la raison qui te fais croupir sous la bannière de Serpentard ?
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MessageSujet: Re: Un Envol Artistique - Fin de Journée.   Mar 16 Sep - 23:11

La réponse de Wilbur, il l'écouta sans relever les yeux du sol. Inutile de tenter de le regarder, au fil des minutes qui passaient cela aurait relever de l'exploit pour distinguer nettement les traits, pour capter le regard et ce qu'il recelait. A moins d'être un oiseau... de nuit. Pas de mensonge, dans la voix, pas qu'Alban puisse intercepter et reconnaître comme tel, du moins. Et il s'y connaissant. Il n'était pas particulièrement un menteur éhonté, mais y avoir recours ne le dérangeait en aucun cas, et il était passé maître dans l'art des demi-vérité et des mensonges pas omission ou insinuation. Les mensonges les plus crédibles sont ceux qui se trouvent les plus proches de la vérité. Il avait appris ça, l'avait compris, s'en resservait avec une certaine dextérité due à l'habitude. Il avait aussi appris à le reconnaitre chez d'autres. Capacité obligatoire et vitale pour tout manipulateur un tant soit peu compétent. Jouer avec les mots, jouer avec les pensées, jouer avec les autres. Contrôler. Toujours contrôler. Et pour ça, ne jamais se laisser avoir à son propre jeu, erreur trop souvent commise par les esprits fins en herbe. Pitoyables, aux yeux d'Alban. Non, pas pitoyables... Indigne même de pitié. Ils n'étaient rien.

Ainsi donc, c'était l'indifférence qui prévalait dans le jugement de l'Autre vis à vis de sa maison. Oui, c'était sans doute le cas. Une indifférence qui se comprenait, mais qui renforçait aux yeux d'Alban son hypothèse première ; des préjugés grotesques qui détruisaient l'image de fond des idéaux de Serpentard. Pour être Serpentard, il fallait avant tout vouloir. Y être, pas forcément, mais vouloir quelque chose de toutes ses forces, désirer l'atteinte d'un but, qu'il soit clair ou non, mais qui appuyait sur toutes les actions et les pensées. Qui influait même sur la manière de respirer, sur les battements de coeur. Une volonté forte, entière, terrible, presque écrasante qui ne laissait de place à rien d'autre. Cette volonté, cette force interne qui le poussait à désirer toujours plus, à avancer toujours plus loin, Alban la sentait se débattre en lui, rager, le déchirer et il s'y était soumis corps et âme, parce que sans elle, il ne pouvait tout simplement pas vivre, il ne pouvait pas exister. Sans elle, Alban ne serait qu'un nom. Il ne pouvait pas "être".

Cette volonté, il ne la percevait pas en l'Autre. Il y avait en lui quelque chose d'aussi puissant, d'aussi bouillonnant et brûlant, mais pas cette volonté. Il ne semblait rien désirer, rien attendre, rien vouloir. Le Choixpeau aurait il pu confondre et mélanger deux puissances, qui aussi semblables soient elles dans leur intensité, ne pouvaient être plus différente dans leur essence profonde ?

"Il faut bien faire partie de quelque chose." Cette phrase tout particulièrement arracha une grimace au Serpentard. Non, non, non et non ! Il ne "faut" pas, jamais. Faire partie de quelque chose, comme une fatalité. Alban s'affichait Serpentard, il n'en faisait pas partie. Il ne leur était pas plus indispensable que l'inverse, il n'était pas entièrement aliéné par eux. Il était lui, et s'il devait faire partie de quelque chose, ce ne serait que de lui. Comment pouvait-il... ? Non, Alban ne pouvait pas imaginer l'Autre "appartenant" à un groupe quel qu'il soit, malgré toutes les étiquettes qu'on pourrait lui attacher. A cause de cet force qu'il ressentait justement en lui. Il y en avait trop pour l'enfermer. Trop pour être délimitée par une appelation quelconque. Sur le coup, comme s'il avait été frappé au sens littéral, Alban répéta en écho ces mots, tout doucement, laissant apparaitre une fissure à son masque de maîtrise.


- ...Il faut bien faire partie de quelque chose...


Il secoua brievement la tête afin de se reprendre et releva les yeux vers son interlocuteur qu'il devinait plus que voyait.

A la question, il prit honnêtement le temps de réfléchir avant d'apporter sa réponse. Il voulait les mots justes, il voulait une vérité entière. Sa vérité, à lui, à lui seul.


- Croupir... Cela sous entend être enfermé, de la passivité. Je suis à Serpentard parce que je le veux bien. Je suis à Serpentard parce que cette situation me sied.

Un temps.

- ... A tous points de vue...
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MessageSujet: Re: Un Envol Artistique - Fin de Journée.   Mer 17 Sep - 18:44

Même dans l'obscurité, même dans le silence de la volière, quoique legerement affrité par quelques roucoulements de volatiles nocturnes, la perplexité d'Alban se faisait sentir. Wil', qui pour l'instant s'était plongé dans une sorte de passivité, sembla se reveiller quelque peu. Tiens, ses paroles avaient visiblement posé problème à son camarade Serpentard. Qu'avait-il bien pu dire de génant vis à vis de lui ou autre ? La réponse fut rapide à venir. Surtout à l'instant où Alban répéta doucement, mais disctincement, la phrase qui l'avait visiblement interpellée. Wil' resta de marbre, fronçant legerement les sourcils. Peut-être ne s'était-il pas plus étalé sur le sujet. Peut-être avait-il pensé que son statut de "méchant rebelle" tatoué sur son front justifierait parfaitement ses mots devant Alban. Bien que ce soit faux, bien que Wilbur ne soit ni méchant ni rebelle - tout est relatif - il entendait parfaitement ses paroles. Wil' avait la ferme impression de devoir appartenir à une Maison. Presque tout élève respectable de Poudlard portait sa Maison avec fierté, laissait sa couleur s'imprimer en eux et leur devise était clé pour leur présent et leur avenir. A croire que Wilbur n'était pas respectable. Lui, portait Serpentard par obligation, parce qu'il avait été envoyé sous cette bannière, sans savoir pourquoi.

Non pas que la Maison de Salazar soit pour lui un boulet, disons plutôt qu'elle était comme un trombonne trouvé au fond d'une poche. Un trombonne insignifiant, que l'on regarde sans expression, que l'on touche sans vraiment toucher. Voila, c'était ça. Pour Wil', Serpentard était aussi distinctif qu'un trombonne solitaire. Rien de négatif là dedant. Mais absolument rien de positif non plus. C'était l'avis de Wilbur, très peu devait le partager. Mais celui ou celle qui en venait à le contredire le paierait chère : le jeune garçon avait toujours respecté la parole des autres, aussi fausse et choquante qu'elle fut pour lui très souvent. Il était d'avis que les autres aient le même esprit. Aussi, comme Alban semblait l'exact contraire de Wilbur concernant le sujet de son appartenance à Serpy, Wil' resta sur ses gardes. Pourtant, dans les paroles qui suivirent, Alban ne laissait paraître aucun avis meprisant concernant ses mots. Il était evident qu'Alban ne partageait pas ses idées, mais il ne les bafouait pas pour autant. Et Wil' en fut très agreablement surpris. Il y'avait donc du bon en Serpentard, malgré les paroles d'autrui. Le jeune garçon fit mine d'applaudir aux paroles d'Alban. Ce garçon l'intriguait, mais ses mots semblaient un peu guimauve pour Wilbur qui joua la carte de l'ironie.

- Ravi pour toi. Toutes mes félicitations...

Wil' désirait creuser le sujet. Quitte à jouer gros.

- Ne t'effraie pas ! Je n'insulterais jamais ta noble et verte Maison qui est tienne. Seulement, pour moi, appartenir à une maison émiette legerement la liberté de chacun. C'est mon avis, il peut te paraître ridicule, je m'en balance. Je comprends, je te comprends : Moi aussi, peut-être, aurais-je pu être foudroyé de fierté à l'idée d'être à Serpentard. Pourtant, suis-je idiot ? je ne suis ni blasé ni rejoui. Je suis neutre et sans motivation particulière.

Wil' esquissa un sourire :

- A tous points de vue !..
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MessageSujet: Re: Un Envol Artistique - Fin de Journée.   Mar 23 Sep - 11:41

Alban avait retrouvé sa neutralité parfaite, son contrôle de lui, de ses gestes et paroles. Le contrôle. Toujours le contrôle. C'était décidément une notion bien récurrente cher le Serpentard. Presque obsessionnelle. Les psychanalyste et d'autres diraient sans doute que cela trahissait chez lui un manque profond et maladif de confiance en lui, un vide à combler, une angoisse permanente, un machiavélisme malsain ou que savait-il encore d'autre. Peu lui importait. Alban n'était pas psychanalyste. Il ne voulait pas non plus chercher à s'analyser, à se comprendre d'une quelconque manière. Il voulait comprendre les autres, leur fonctionnement, leur motivations, mais pas lui.

En comprenant les autres, il pouvait les prévoir, et donc les manipuler à sa guise, avec précaution, sans même qu'ils s'en rendent compte. Seulement, les motivations de l'Autre lui échappaient. Il ne parvenait pas à le percer, comprendre son mode de fonctionnement. Bien sûr, il aurait pu en être agacé, contrarié, inquiété. Cependant, Alban en était plutôt fasciné. Quelqu'un pouvait s'opposer à lui, lui résister, sciemment ou non. Il en faudrait bien plus pour réduire ou calmer son égo, néanmoins. En revanche, cet état de fait le rassurait, lui redonnait un peu de la confiance qu'il avait perdue en l'espèce humaine. Le caractère existait encore. La force existait encore.

Il ne se laissa pas démonter par l'ironie perceptible dans les propos de l'Autre.


- Moques toi donc, si tu le veux. ça ne changera rien. Ni à ce que je pense des valeurs censément rattachées à Salazar Serpentard, ni à ce que je pense de moi.


Un temps.

- Idiot... Je puis me tromper, mais je te crois absolument tout sauf idiot.

Il se tût, pour lui, la discussion pouvait se clore là. Ou se poursuivre. Ce n'était pas lui qui en déciderait. Pas maintenant. Il se contentait désormais de fixer l'ombre noire qu'était devenue Wilbur dans la volière noire. L'heure du rapatriement dans les dortoirs était passée. Un peu plus ou un peu moins en fraude... Pour ce que ça changeait. Il ne rentrerait pas sagement se coucher.
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MessageSujet: Re: Un Envol Artistique - Fin de Journée.   Mar 23 Sep - 20:27

Wilbur n'avait jamais été habtiué aux compliments. D'une part parce qu'il les refusait très souvent et parce que, de toutes manières, il ne courrait pas après. Au contraire. Ceux qui en venaient à lui faire, ne serait-ce qu'un compliment, étaient très mal vus du jeune garçon. Il faut dire que peu de choses en Wilbur meritaient d'être recompensées par une reproche agréable ou encourageante. Il savait dessiner, jouer de la basse... mais après ? Wilbur se reposait sur ses passions et laissait le reste pour cette chienne de vie, ces autres qu'il ne desirait pas connaître et qui fuyaient devant sa froideur inhumaine. Alban lanca à Wilbur une remarque qu'il ne sut idientifier comme étant compliment ou non. Le jeune garçon resta interloqué durant un temps. Non, en effet, Wilbur était loin d'être idiot. Pourtant, il ne deballait que très rarement son bagage culturel, et ne débitait jamais aucun de ses savoirs. Il ne parlait de toutes manières jamais. Aussi, le jeune garçon en conclut qu'Alban devait être lui-même très intelligent pour savoir qu'il était intelligent... Dur à suivre.

- Oh, loin de moi l'idée de te faire douter de toi, de Salazar ou de ta Maison. Je suis sincère. J'aimerais parfois être comme toi, partager ce même sentiment de force morale qu'engendre l'appartenance à Serpentard.

Wilbur avanca d'un pas. Il était très sincère. Après un vague haussement d'épaules, le jeune garçon regarda Alban avec des points d'interrogations brillants dans les yeux.

- Penses-tu que je mérite d'être à Poudlard si je n'y trouve pas ma place ? Si j'ai la pensée neutre ? Si je n'ai nullement envie de me ranger sous aucune bannière ? Ta réponse sera clé de voûte pour l'idée que je forme déja. Vu que tu n'es pas idiot non plus.
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MessageSujet: Re: Un Envol Artistique - Fin de Journée.   Mar 23 Sep - 21:22

Alban ravala bien vite sa surprise. La question était sérieuse. La question était directe. Littéralement lourde de sens. Une question à laquelle il ne s’attendait pas du tout, encore moins venant de l’Autre. D’un premier abord, il ne parvint pas à déterminer si la question était purement rhétorique ou non. Devait il répondre ? Oui, il devait. Il fallait répondre. Le silence serait éloquent mais cruel. Alban n’était pas cruel de nature, pas gratuitement, pas sans raison. Il n’en avait pas. Et puis le silence n’apporterait aucune réponse sincère. La question l’était. La réponse devrait l’être.

Il prit le temps de réfléchir. Encore une fois, il voulait les mots justes. Parce qu’il n’aurait peut être pas l’occasion de rattraper une maladresse lexicale. Il ne voulait pas non plus basculer dans les banalités à pleurer, les phrases toutes faites, bateau, trop usées par un mauvais usage. L’Autre méritait mieux que ça. Et Alban lui-même valait mieux que ça également. Il fronça les sourcils, se redressa quelque peu (néanmoins toujours affalé contre le mur).

Pourquoi parler en terme de mérite ? Il ne pouvait pas expliquer pourquoi, mais il était très clair dans son esprit que ce n’était pas une question de mérite. D’instinct, il aurait répondu « oui ». Oui, Wilbur méritait sa place à Poudlard. Ne fut ce que pour la force qui était en lui. Pour la magie qui coulait dans ses veines également. Alban n’en savait rien, bien sûr, mais l’Autre ne serait pas là si ce n’était pas le cas.

Il secoua doucement la tête de gauche à droite.


- Ne cherche pas ta place à Poudlard. Cherche là en toi. Poudlard n’est qu’un moyen parmi d’autre. Les Maisons ne sont que des passerelles, des directions générales. Rien n’est obligatoire. Rien n’est fermé. Rien n’est définitif.

Il prit le temps de respirer avant de reprendre, sur le même ton bas et calme, sans pédanterie aucune.

- Elle est là, la principale erreur. Chercher à coller à l’étiquette du tiroir dans lequel il « faut bien » nous mettre. Y prendre ce qui puis servir, ne pas s’attarder au reste.


Il esquissa un sourire au pli cynique.

- Navré de finir avec une phrase trop usitée et usée, mais néanmoins vraie si on la débarrasse de ses connotations de « passe partout » ; toujours rester fidèle à soi. Et uniquement à soi.
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MessageSujet: Re: Un Envol Artistique - Fin de Journée.   Mer 24 Sep - 17:35

Wilbur ne put s'empêcher de rire doucement à la dernière phrase d'Alban. Son camarade Serpy parlait bien, avec une logique qui lui plaisait, un état d'esprit marqué et fluide à la fois. Wil' ne parlait pas assez souvent pour comprendre à quel point il possédait de points communs avec les autres. Pourtant, les rares fois où Wilbur avait eut la coïncidence de pouvoir discuter avec quelqu'un, garçon ou fille, il n'avait pu ignorer l'agréable côté qui s'en degageait, comme une impression de ne plus se sentir abandonné, d'être égal aux autres et de ne plus être coincé sur son pied s'estale mis en place parce que les autres avaient peur de lui. Wilbur se terrait dans son silence parce qu'il le voulait bien ou parce qu'il n'avait pas le choix. Victime ou prédateur ? Le jeune garçon ne se posait jamais la question. Et, dans le cas contraire, ne connaissant pas la réponse. Wilbur était neutre, insensible, distant. Dans les yeux des autres, sa neutralité devenait mepris. Son insensibilité devenait cruauté et ses distances en devenaient donc effrayantes. Wil' n'était pas pire que d'autres, mais il était bien loin d'être mieux egalement.

- Dans la bouche d'un professeur, oui, cette phrase possède un goût de prémaché, de "deja entendu". Mais bon... venant de toi, elle semble prendre un sens. Je la garde donc avec l'idée que tu as surement raison.

Wilbur jeta un dernier coup d'oeil par l'une des grandes ouvertures de la volière. Le froid s'insinuait entre les mailles de son pull noir et les replis de sa longue echarpe bleue marine. Le garçon plongea ses mains au fond de ses poches et fit quelques pas en direction de l'escalier, tout en regardant Alban avec des yeux sympathiques.

- Si Serpentard me sert de tremplin, j'espère que ce ne sera pas pour mal finir. J'ai encore la vie devant moi, après tout.

Wil' s'arreta devant son camarade, et lui tendit une main amicale. Le jeune Serpy releva legerement le menton et laissa s'étendre un sourire le long de ses lèvres.

- Nous aurons evidemment l'occasion de nous revoir mais... Enchanté d'avoir fait ta connaissance. Vraiment.

Etait-ce la première fois qu'il le disait ? Oh que oui, très certainement.
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MessageSujet: Re: Un Envol Artistique - Fin de Journée.   Mer 24 Sep - 21:13

Alban ne répondit pas au dernières répliques de l'Autre. Elles n'exigeaient pas de réponse. Il n'était probablement pas même souhaitable d'un apporter une. Wilbur apportait une conclusion qui lui était propre à la discussion ; il ne lui appartenait pas de la relancer. Il ne le désirait pas non plus. C'était bien comme ça.

En le voyant s'approcher de lui, il fit tout de même l'effort de se relever d'un mouvement leste, afin de serrer brièvement la main qui lui était tendue. Lui aussi était content de la rencontre, de la confrontation verbale, toute calme et neutre qu'elle avait paru. "Les grands esprit se rencontrent toujours." Il renvoya le "compliment" en inclinant la tête en signe de salut. Puis, avec un demi-sourire en coin ;


- Je n'en doute pas une seconde. Que nous aurons l'occasion de nous revoir.

Il sonda le regard de Wilbur avant d'ajouter d'un ton plus neutre ;

- Cavendish. Alban Cavendish.

Il n'attendait pas forcément que l'Autre lui décline à son tour son identité, il ne retenait de toute façon pratiquement jamais les noms. C'était plus pour lui une manière de signer ses paroles, les idées qu'il avait énoncée et défendues.
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